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Exégèse du Nouveau Testament

Les épîtres de Paul

Corpus paulinien, categories theologiques, Nouvelle Perspective sur Paul, textes fondamentaux

Paul de Tarse est le premier auteur chrétien dont nous avons des écrits — ses lettres précèdent chronologiquement les Évangiles. Son influence sur la théologie chrétienne est sans égale: Luther, Calvin, Barth et les plus grands théologiens protestants se sont définis en grande partie par rapport à lui.

Le corpus paulinien — Authenticité et datation

LettreDestinataireDatationAuthenticitéThème central
1 ThessaloniciensCommunauté de Thessaloniqueca. 50UnanimeParousie; réconfort sur les morts en Christ (4,13-18)
GalatesÉglise(s) de Galatieca. 48-55UnanimeLiberté évangélique contre le joug de la Loi; justification par la foi (2,16)
1-2 CorinthiensCommunauté de Corintheca. 53-56UnanimeEcclésiologie, charismata, résurrection (1 Co 15); réconciliation (2 Co 5)
RomainsCommunauté de Romeca. 57UnanimeJustification, Israël et les nations, vie dans l'Esprit (Rm 1-16)
PhilippiensCommunauté de Philippesca. 60-62UnanimeJoie dans la souffrance; hymne christologique (2,5-11); kénose
PhilémonPhilémon (esclave Onésime)ca. 60-62UnanimeIntercession apostolique; réconciliation sociale
ÉphésiensCirculaire (Éphèse?)ca. 60-62 ou deutéropaulinContestéEcclésiologie cosmique; le Corps du Christ universel (1,22-23; 4,4-6)
ColossiensCommunauté de Colossesca. 60-62 ou deutéropaulinContestéChristologie cosmique (1,15-20); plénitude en Christ contre le syncrétisme
1-2 ThessaloniciensThessaloniqueVariable selon authenticité2 Th contestéEschatologie, travail, l'homme d'iniquité (2 Th 2)
1-2 Timothée, TiteCollaborateurs de Paulca. 64-100?Très contesté (Pastorales)Organisation des communautés, qualifications des ministres, saines doctrines

La théologie paulinienne — Catégories fondamentales

Justice de Dieu (δικαιοσύνη θεοῦ)

La «justice de Dieu» est la clé de voûte de Romains. Luther a vécu une révolution herméneutique en comprenant que δικαιοσύνη θεοῦ (Rm 1,17) n'est pas la justice punitive de Dieu (son attribut par lequel il punit les pécheurs) mais la justice qu'il donne/déclare en cadeau (iustitia aliena — justice étrangère, extérieure). Cette compréhension est au cœur de Sola Fide.

Terme grecTranslittérationSens théologiqueTexte paulinien
δικαιοσύνηdikaiosynèJustice/Justification — déclaration de justice par DieuRm 1,17; 3,21-22; Phil 3,9
δικαιόωdikaioôJustifier — déclarer juste (verbe forensique)Rm 3,24.26.28.30; 4,5; 8,30
λογίζομαιlogizomaiImputer/compter — acte forensique de Dieu envers le croyantRm 4,3-5.8.22-24; Gal 3,6
χάριςcharisGrâce — faveur imméritée, don gratuit de DieuRm 3,24; 5,2; 6,14-15; Eph 2,8
πίστιςpistisFoi — confiance, fidélité; moyen de réception de la grâceRm 1,17; 3,22.26; 4,16; Gal 2,16
ἀπολύτρωσιςapolytrôsisRédemption — rachat, libération par paiement d'un prixRm 3,24; 1 Co 1,30; Eph 1,7.14
καταλλαγήkatallagèRéconciliation — restauration d'une relation briséeRm 5,10-11; 2 Co 5,18-20
ἱλαστήριονhilastèrionPropitiation/expiation — lieu ou moyen de l'effacement de la colère divineRm 3,25 (cf. Lv 16 — Kaporet/Propitiatoire)

En Christ (ἐν Χριστῷ) — la catégorie mystique

La formule «en Christ» (ἐν Χριστῷ) est la catégorie centrale de la mystique paulinienne — elle apparaît 83 fois dans les lettres indiscutées. Elle exprime l'union réelle du croyant avec le Christ ressuscité: participation à sa mort et sa résurrection (Rm 6,3-11), adoption comme fils de Dieu (Gal 3,26-28), renouvellement de l'image de Dieu (2 Co 3,18; Col 3,10). Pour Mannermaa (luthérien finlandais), «en Christ» est la catégorie qui rapproche la sotériologie paulinienne de la théose orthodoxe.

La Nouvelle Perspective sur Paul (NPP)

Depuis E.P. Sanders (Paul and Palestinian Judaism, 1977), la «Nouvelle Perspective sur Paul» a bouleversé l'interprétation protestante classique. Elle remet en question l'image du judaïsme du premier siècle comme religion des «œuvres» et du mérite qui aurait formé le cadre de la polémique paulinienne.

📖 Ancienne perspective (Luther, Réforme)

Paul combat un judaïsme légaliste où l'on cherche à gagner la justice devant Dieu par l'accumulation d'œuvres méritoires. Les «œuvres de la Loi» = tentative de mériter le salut. La justification par la foi alone s'oppose à l'autojustification par les œuvres. Luther projette sa propre crise spirituelle (scrupulosité augustinienne) sur le judaïsme du Ier s.

📖 Nouvelle Perspective (Sanders, Dunn, Wright)

Sanders: le judaïsme du Second Temple est un «nomisme de l'Alliance» (covenantal nomism) — on entre dans l'Alliance par grâce, on y reste par obéissance. Ce n'est pas une religion du mérite. Dunn: les «œuvres de la Loi» visent surtout les «marqueurs identitaires» juifs (circoncision, pureté alimentaire, sabbat) — barrières sociales entre Juifs et Gentils. Wright: Paul traite de la question de savoir qui appartient au peuple de l'Alliance, non de l'auto-justification individuelle.

📖 Réponse réformée à la NPP

Westerholm, Schreiner, Seifrid, Moo: la NPP corrige des caricatures du judaïsme mais ne change pas le cœur de l'affirmation paulinienne. Rm 4 (Abraham justifié avant la circoncision) et Ga 2,16 (ἐξ ἔργων νόμου) visent aussi la question de la justice individuelle devant Dieu — pas seulement l'identité ethnique. La justification forensique demeure valide.

Textes pauliniens fondamentaux — Analyse

Romains 3,21-26 — Le cœur de la sotériologie paulinienne

«Mais maintenant, indépendamment de la loi, la justice de Dieu a été manifestée... la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient... étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être propitiation (ἱλαστήριον), par la foi — pour manifester sa justice...»
Romains 3,21-25 (trad. Segond 21 révisée)

Analyse: Ce passage de 6 versets (3,21-26) est considéré comme la locus classicus de la sotériologie paulinienne. Il contient en condensé: (1) la révélation d'une justice extérieure à la Loi (iustitia extra nos); (2) son universalité (pour tous ceux qui croient — Juif et non-Juif); (3) sa gratuité (δωρεάν — gratuitement); (4) son fondement christologique (la rédemption = ἀπολύτρωσις); (5) le sang du Christ comme ἱλαστήριον (propitiatoire — allusion à la Kippour, Lv 16); (6) le but double: manifester la justice de Dieu ET justifier celui qui a la foi en Jésus.

Galates 2,15-21 — La formule anti-nomiste

«Nous savons que l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais seulement par la foi en Jésus-Christ (διὰ πίστεως Ἰησοῦ Χριστοῦ)... si la justice s'obtient par la loi, Christ est donc mort pour rien.»
Galates 2,16.21 — le texte fondateur de la Réforme selon Luther

Note de traduction: πίστεως Ἰησοῦ Χριστοῦ — génitif: «foi en Jésus-Christ» (génitif objectif, sens traditionnel) ou «fidélité de Jésus-Christ» (génitif subjectif, NPP — la fidélité de Jésus lui-même dans sa vie d'obéissance). Débat exégétique majeur depuis Hays (1983), sans consensus.

Travaux romands

  • Marguerat, Daniel, éd. Introduction au Nouveau Testament. Son histoire, son écriture, sa théologie. 5e éd. Genève : Labor et Fides, 2021.
  • Marguerat, Daniel. Paul de Tarse. Un homme aux prises avec Dieu. Poliez-le-Grand : Éditions du Moulin, 1999.
  • Leenhardt, Franz-J. L’Épître de saint Paul aux Romains. CNT 6. 2e éd. Genève : Labor et Fides, 1981.
  • Bonnard, Pierre. L’Épître de saint Paul aux Galates. CNT 9. 2e éd. Genève : Labor et Fides, 1972.
  • Dettwiler, Andreas, Jean-Daniel Kaestli et Daniel Marguerat, éds. Paul, une théologie en construction. Genève : Labor et Fides, 2004.

Autres travaux

  • Sanders, E. P. Paul and Palestinian Judaism. Londres : SCM, 1977.
  • Dunn, James D. G. The Theology of Paul the Apostle. Grand Rapids : Eerdmans, 1998.
  • Wright, N. T. Paul and the Faithfulness of God. 2 vol. Minneapolis : Fortress, 2013.
  • Schreiner, Thomas R. Paul, Apostle of God’s Glory in Christ. Downers Grove : IVP, 2001.
  • Westerholm, Stephen. Perspectives Old and New on Paul. Grand Rapids : Eerdmans, 2004.
  • Hays, Richard B. The Faith of Jesus Christ. 2e éd. Grand Rapids : Eerdmans, 2002.

Paul raisonne à partir des grands thèmes théologiques d’Israël, non à partir d’un système. Chaque section suit un thème depuis son élaboration vétérotestamentaire jusqu’à sa reprise paulinienne, en marquant la continuité et le déplacement.

Création, Adam et le péché

L’élaboration vétérotestamentaire

Le récit sacerdotal fait de l’homme l’image de Dieu (Gn 1,26-27), tandis que le récit yahwiste raconte la transgression et l’entrée de la mort (Gn 3). L’Ancien Testament ne construit pourtant pas de doctrine du péché originel : Adam n’est pratiquement plus mentionné après Gn 5. La conscience d’une corruption native s’exprime ailleurs, dans la prière pénitentielle — «dans la faute je suis né» (Ps 51,7) — et dans le constat de Gn 6,5 et 8,21 sur le penchant du cœur humain.

La reprise paulinienne

Paul fait d’Adam une figure typologique et non seulement un ancêtre : «Adam, figure de celui qui devait venir» (Rm 5,14). La structure de la solidarité négative — un seul homme, une conséquence universelle — devient le modèle de la solidarité rédemptrice (Rm 5,12-21 ; 1 Co 15,21-22.45-49). Le déplacement est considérable : un motif marginal dans l’Ancien Testament devient un pilier de l’anthropologie théologique.

L’alliance et la promesse

L’élaboration vétérotestamentaire

Deux modèles d’alliance coexistent. L’alliance abrahamique est inconditionnelle : Dieu seul passe entre les animaux partagés (Gn 15,17-18) et s’engage unilatéralement. L’alliance sinaïtique est conditionnelle et bilatérale, assortie de bénédictions et de malédictions (Dt 27-28). L’échec de la seconde conduit à l’annonce d’une alliance nouvelle, où la Loi est inscrite sur les cœurs (Jr 31,31-34) et où l’Esprit est donné avec un cœur de chair (Ez 36,26-27).

La reprise paulinienne

L’argument de Ga 3,15-18 repose entièrement sur la priorité chronologique de la promesse abrahamique : la Loi, survenue quatre cent trente ans plus tard, ne peut annuler un engagement antérieur. En 2 Co 3,3-6, l’opposition de la lettre et de l’Esprit, des tablettes de pierre et des tablettes de chair, tresse Jr 31 et Ez 36. L’allégorie de Ga 4,21-31 pousse plus loin encore, en rangeant le Sinaï du côté de la servitude.

La justice de Dieu

L’élaboration vétérotestamentaire

La צְדָקָה n’est pas d’abord une norme abstraite mais une conduite relationnelle : la fidélité de Dieu à son alliance. C’est pourquoi les psaumes peuvent implorer d’être sauvés par la justice de Dieu (Ps 71,2 ; 143,1), ce qui serait incohérent si le terme désignait la seule justice punitive. Le Deutéro-Isaïe met en parallèle justice et salut : «ma justice est proche, mon salut a paru» (Is 51,5 ; cf. 45,21 ; 46,13).

La reprise paulinienne

«Il eut foi dans le Seigneur, et le Seigneur le lui compta comme justice.»
Genèse 15,6 — וַיַּחְשְׁבֶהָ לּוֹ צְדָקָה, où le verbe חָשַׁב est rendu par la Septante ἐλογίσθη, terme même de l’imputation paulinienne

Trois traits rendent ce verset décisif en Rm 4 et Ga 3 : le vocabulaire de l’imputation, l’antériorité de la foi sur la circoncision (Rm 4,10-11) et son antériorité sur la Loi (Ga 3,17). Ha 2,4, «le juste vivra par sa fidélité», fournit le verset programmatique de Rm 1,17. Le débat contemporain sur la «justice de Dieu» — attribut divin ou don communiqué — se joue précisément sur la portée relationnelle de צְדָקָה.

La Loi

L’élaboration vétérotestamentaire

La Torah est reçue comme un don et non comme un fardeau : le Ps 119 en fait l’objet d’une louange de cent soixante-seize versets. Lv 18,5 promet la vie à qui l’observe, tandis que Dt 27-30 énonce la double sanction, bénédiction et malédiction, et Dt 21,23 déclare maudit le pendu au bois. Le judaïsme du Second Temple lit la Loi dans le cadre d’une alliance déjà accordée par grâce, ce que E. P. Sanders a nommé nomisme de l’alliance.

La reprise paulinienne

Ga 3,10-14 superpose les deux malédictions de Dt 27,26 et 21,23 : le Christ, en subissant la seconde, absorbe la première. Rm 7 maintient que la Loi est sainte, juste et bonne, tout en constatant son incapacité à délivrer. Rm 10,6-8 opère un geste audacieux en appliquant au Christ ce que Dt 30,12-14 disait de la Torah : elle n’est ni au ciel ni au-delà des mers, la parole est tout près.

Le sacrifice et l’expiation

L’élaboration vétérotestamentaire

Le rituel du Yom Kippour (Lv 16) organise la purification annuelle : le sang est aspergé sur le כַּפֹּרֶת, propitiatoire recouvrant l’arche, et un second bouc emporte les fautes au désert. La Pâque (Ex 12) relève d’une autre logique, celle de la libération par le sang de l’agneau. Is 53 transpose la catégorie sur une personne dont la vie est offerte en אָשָׁם, sacrifice de réparation (53,10).

La reprise paulinienne

Rm 3,25 présente le Christ comme ἱλαστήριον, terme par lequel la Septante rend précisément כַּפֹּרֶת. Le lieu de l’expiation devient une personne, et le rite annuel un événement unique. 1 Co 5,7 mobilise l’autre logique : «le Christ, notre Pâque, a été immolé». Rm 4,25 reprend la double formule d’Is 53, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.

L’élection, le reste et les nations

L’élaboration vétérotestamentaire

L’élection d’Israël est gratuite et sans motif préalable : «ce n’est pas parce que vous êtes le plus nombreux… mais parce que le Seigneur vous aime» (Dt 7,7-8). Elle est d’emblée orientée vers les nations, puisque la promesse à Abraham inclut la bénédiction de toutes les familles de la terre (Gn 12,3). Les prophètes développent la catégorie du reste (Is 10,20-22 ; 1 R 19,18) et l’universalisme du Serviteur, «lumière des nations» (Is 49,6 ; cf. Is 2,2-4).

La reprise paulinienne

Rm 9-11 concentre une trentaine de citations en quatre-vingt-dix versets. Paul y montre que l’élection n’a jamais été mécanique — Isaac et non Ismaël, Jacob et non Ésaü (Gn 21,12 ; 25,23 ; Ml 1,2-3) —, que l’appel des nations était annoncé (Os 2,25 lu au-delà de son contexte), que le reste demeure (1 R 19,18) et que l’endurcissement est temporaire. La conclusion de Rm 11,26, «tout Israël sera sauvé», demeure contestée entre lecture ecclésiale et lecture ethnique.

L’Esprit et le cœur nouveau

L’élaboration vétérotestamentaire

La רוּחַ est souffle créateur (Gn 1,2), puis force ponctuelle donnée aux juges et aux prophètes. L’espérance prophétique en généralise le don et l’intériorise : Ézéchiel promet un cœur de chair et l’Esprit placé au-dedans (Ez 36,26-27), Jérémie la Loi inscrite au fond des cœurs (Jr 31,33), Joël l’effusion sur toute chair (Jl 3,1-2).

La reprise paulinienne

Rm 8 fait de l’Esprit le principe de la vie filiale et de la liberté, et Ga 5,22-23 en décrit le fruit là où la Loi ne produisait que le constat de la transgression. En 2 Co 3, la confrontation de Moïse voilé et du ministère de l’Esprit organise toute l’argumentation. L’accomplissement d’Ez 36 est ainsi la clé de l’articulation paulinienne entre justification et sanctification.

La résurrection et l’eschatologie

L’élaboration vétérotestamentaire

L’espérance d’une résurrection individuelle est tardive. La vision des ossements desséchés (Ez 37) vise la restauration nationale, non le sort des personnes. Is 26,19 et Dn 12,2 énoncent un réveil des morts, ce dernier avec une double issue. Os 6,2 et 13,14 fournissent un vocabulaire que le christianisme primitif réemploiera.

La reprise paulinienne

1 Co 15 construit l’argument en trois temps : le credo primitif (v. 3-7), l’impossibilité de dissocier la résurrection du Christ de celle des croyants (v. 12-19), puis la typologie adamique et la victoire finale, scellée par la citation d’Is 25,8 et d’Os 13,14 (v. 54-55). Le corps spirituel de 1 Co 15,44 n’est pas un corps immatériel, mais un corps animé par l’Esprit — nuance décisive contre toute lecture platonisante.

Continuité et déplacement

ThèmeCe qui est reprisCe qui est déplacé
Adam et le péchéLe récit de la transgression et de la mortUn motif marginal devient une typologie structurante
AllianceLa priorité de la promesse abrahamiqueLa Loi rangée dans une économie provisoire
JusticeLa portée relationnelle de צְדָקָהLe vocabulaire d’imputation appliqué à l’acte du Christ
LoiSa sainteté et sa bontéSon incapacité à donner la vie qu’elle promet
SacrificeLe Kippour et la Pâque comme grillesLe propitiatoire devenu personne, le rite annuel devenu événement unique
ÉlectionLa gratuité et l’ouverture aux nationsL’intégration des païens sans passage par la Loi
EspritLa promesse d’intériorisationSon don présent comme arrhes de l’héritage
RésurrectionLe réveil des morts de Dn 12Sa réalisation anticipée en une personne

Travaux romands

  • Römer, Thomas, Jean-Daniel Macchi et Christophe Nihan, éds. Introduction à l’Ancien Testament. 2e éd. Genève : Labor et Fides, 2009.
  • Marguerat, Daniel, éd. Introduction au Nouveau Testament. 5e éd. Genève : Labor et Fides, 2021.
  • Dettwiler, Andreas, Jean-Daniel Kaestli et Daniel Marguerat, éds. Paul, une théologie en construction. Genève : Labor et Fides, 2004.
  • de Pury, Albert et Thomas Römer, éds. Le Pentateuque en question. 3e éd. Genève : Labor et Fides, 2002.

Autres travaux

  • von Rad, Gerhard. Théologie de l’Ancien Testament. 2 vol. Genève : Labor et Fides, 1963-1967.
  • Hays, Richard B. Echoes of Scripture in the Letters of Paul. New Haven : Yale University Press, 1989.
  • Wagner, J. Ross. Heralds of the Good News: Isaiah and Paul in Concert in the Letter to the Romans. Leyde : Brill, 2002.
  • Watson, Francis. Paul and the Hermeneutics of Faith. 2e éd. Londres : T&T Clark, 2015.
  • Beale, G. K. et D. A. Carson, éds. Commentary on the New Testament Use of the Old Testament. Grand Rapids : Baker Academic, 2007.

Hypothèses de travail — mémoire et thèse

Quatre pistes transversales sur le corpus paulinien.

H1. Les sept incontestées : que vaut le critère stylistique ?

  • Doctorat
  • Philologie / stylométrie
  • 4-5 ans

Hypothèse. Le partage entre lettres authentiques et deutéropauliniennes, fondé principalement sur le style, résiste inégalement à l’analyse quantitative : il est robuste pour les Pastorales et fragile pour Colossiens et 2 Thessaloniciens.

État de la question
Le consensus s’est formé au XIXe siècle sur des arguments partiellement impressionnistes. Les études stylométriques existantes (Morton, Mealand) sont anciennes et méthodologiquement datées.
Corpus
Corpus paulinien complet ; corpus de contrôle grec du Ier siècle ; méthodes stylométriques actuelles.
Méthode
Appliquer des méthodes d’attribution d’auteur éprouvées, avec validation sur corpus de contrôle et discussion des tailles d’échantillon — le facteur limitant.

Ce qui la réfuterait : Une séparation nette et uniforme entre les deux groupes.

H2. Les collaborateurs et le mode de production

  • Master
  • Histoire sociale des textes
  • 12-18 mois

Hypothèse. La mention de cosignataires, de secrétaires et de porteurs dans les lettres indique une production collective que la notion moderne d’auteur masque ; l’ampleur de leur participation est estimable à partir des indices internes.

État de la question
Le rôle de Tertius (Rm 16,22) et des cosignataires est mentionné dans les introductions sans conséquence méthodologique.
Corpus
Rm 16,22 ; 1 Co 16,21 ; Ga 6,11 ; Col 4,18 ; 2 Th 3,17 ; Phm 19 ; papyrologie de la lettre antique ; traités épistolaires.
Méthode
Recenser les indices de production, les comparer aux pratiques documentées de dictée et de secrétariat.

Ce qui la réfuterait : Des indices compatibles avec une rédaction personnelle sans intervention substantielle.

H3. La formation du corpus

  • Doctorat
  • Histoire du canon
  • 4-5 ans

Hypothèse. La constitution d’un recueil paulinien est antérieure à Marcion et non provoquée par lui, comme l’indiquent les traces d’un ordre par longueur décroissante et les indices de collections locales.

État de la question
La thèse de Harnack faisait de Marcion l’initiateur ; Trobisch a proposé une édition antérieure. Le débat est ouvert.
Corpus
P46 et son ordre ; canon de Marcion selon Tertullien et Épiphane ; fragment de Muratori ; citations chez les Pères apostoliques.
Méthode
Reconstituer les ordres attestés et les séquences de citation, et tester les modèles de formation.

Ce qui la réfuterait : Une absence totale de trace de collection avant 140.

H4. Paul et les associations volontaires

  • Master
  • Histoire sociale
  • 12-18 mois

Hypothèse. Le vocabulaire et les pratiques des communautés pauliniennes recoupent ceux des associations volontaires gréco-romaines sur un ensemble de points mesurables — cotisation, repas, hiérarchie, lettres de recommandation — et divergent sur un point précis : l’absence de critère censitaire.

État de la question
Le rapprochement est établi depuis Meeks et Ascough. La liste des convergences et des divergences n’a pas été dressée systématiquement.
Corpus
Corpus paulinien ; statuts d’associations édités par Ascough, Harland et Kloppenborg ; inscriptions de collèges.
Méthode
Construire une grille de traits et la coder sur les deux corpus.

Ce qui la réfuterait : Une divergence portant sur l’ensemble des traits, ou une convergence sans exception.

Quiz — Épîtres de Paul

Quel est l'écrit chrétien le plus ancien conservé dans le Nouveau Testament ?

  • L'Évangile de Marc
  • La Première Épître aux Thessaloniciens (ca. 50)
  • L'Épître aux Romains
  • L'Épître de Jacques