Des Symboles apostoliques aux déclarations évangéliques du XXe siècle — les textes fondateurs par lesquels les communautés chrétiennes ont défini leur identité doctrinale à travers les âges.
IIe s.Symbole apostolique
325Credo de Nicée
1646Westminster Confession
1974Pacte de Lausanne
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Les confessions communes à toute la chrétienté
Distinction fondatrice : Symboles antiques et Confessions protestantes
L'histoire des textes normatifs de la foi chrétienne se structure autour d'une distinction conceptuelle fondamentale qu'il importe de bien comprendre pour ne pas confondre deux genres littéraires et théologiques très différents :
Les deux catégories à ne pas confondre
Les Symboles œcuméniques antiques (les premières confessions de foi) — produits dans les quatre premiers siècles de l'Église (IIe–Ve s.) avant tout schisme structurant. Ils sont reçus en commun par les catholiques romains, les orthodoxes, les anglicans et la quasi-totalité des protestants. Ce sont des textes christologiques et trinitaires, structurés autour de la profession de foi baptismale. Ils ne sont pas confessionnels au sens dénominationnel mais ecclésiaux au sens universel.
Symbole des Apôtres (forme finale VIIIe s., racines IIe–IVe s.)
Symbole de Nicée-Constantinople (325, complété 381)
Symbole d'Athanase ou Quicumque vult (Ve–VIe s.)
Définition de Chalcédoine (451) — clé christologique
Les Confessions de foi protestantes — produites à partir de la Réforme du XVIe siècle pour définir l'identité doctrinale spécifique de chaque tradition protestante face au catholicisme et aux autres branches protestantes. Ce sont des textes dénominationnels au sens fort, qui n'engagent que les Églises qui les reçoivent. Ils sont systématiques, polémiques, et historiquement situés.
Confessions luthériennes (1530–1580) — Augustana, Apologie, Articles de Smalcalde, Petit et Grand Catéchisme, Concorde 1577 ; rassemblées dans le Liber Concordiae (1580)
Confessions anglicanes — XLII Articles (1553), XXXIX Articles (1571), Catéchisme du Book of Common Prayer ;
Confessions anabaptistes — Articles de Schleitheim (1527), Confession de Dordrecht (1632), Confession baptiste de Londres (1689) ;
Confessions méthodistes — XXV Articles de John Wesley (1784), Catéchisme méthodiste (1845).
Distinction structurelle : les Symboles antiques sont des textes ecclésiologiquement universels — ils définissent ce qu'est un chrétien tout court. Les Confessions protestantes sont des textes ecclésiologiquement particuliers — elles définissent ce qu'est un chrétien luthérien, réformé, anglican, anabaptiste ou méthodiste. La théologie protestante reçoit donc deux corpus différents :
Les Symboles antiques comme norma normata (« norme normée », soumise à l'Écriture mais valable pour tous) ;
Les Confessions protestantes comme norma normata particularis (« norme normée particulière », valable seulement pour leur tradition).
Les Confessions catholiques modernes (Trente 1545–1563, Vatican I 1869–1870, Vatican II 1962–1965) constituent un troisième corpus, propre à la tradition catholique romaine. Les Confessions orthodoxes (Confession de Dosithée 1672, Confession de Pierre Moghila 1640) forment un quatrième corpus, propre à l'orthodoxie post-Réforme.
Cette distinction conditionne l'œcuménisme : le dialogue catholique-orthodoxe-protestant peut se fonder sur les Symboles antiques communs, mais les divergences se cristallisent sur les Confessions particulières de chaque tradition.
Les Symboles œcuméniques antiques (premières confessions de foi)
Les trois Symboles œcuméniques — apostolique, nicéno-constantinopolitain et athanasien — sont les seuls textes confessionnels reconnus par les trois grandes traditions (catholique, orthodoxe, protestante). Ils constituent le plancher minimum de l'unité doctrinale chrétienne.
IIe–IVe s.
Symbole des Apôtres (Symbolum Apostolicum)
Origine : Rome, usage baptismal occidental
Le plus ancien et le plus simple des Symboles. Douze articles — tradition legendaire les attribue aux douze apôtres. Utilisé dans les liturgies baptismales et la prière quotidienne (Laudes, Vêpres). Structure trinitaire : Père créateur, Fils rédempteur, Esprit sanctificateur. La formule « descendit ad inferos » (il est descendu aux enfers) a suscité des débats — Calvin l'interprète comme la souffrance de l'abandon divin sur la croix.
325 / 381
Symbole nicéno-constantinopolitain
Conciles de Nicée (325) et Constantinople I (381)
Le Credo le plus universel du christianisme — récité chaque dimanche dans la liturgie catholique, orthodoxe, anglicane et luthérienne. Définit la consubstantialité (ὁμοούσιος) du Fils avec le Père (contre Arius) et la divinité de l'Esprit Saint (contre les pneumatómaches). La version latine, adoptée en Occident, y ajoute le Filioque — source du Grand Schisme de 1054.
Ve s.
Symbole d'Athanase (Quicumque)
Origine gauloise probable — IVe–Ve siècles
Paradoxalement, il n'a probablement pas été écrit par Athanase. Ce long texte trinitaire et christologique, commençant par « Quicumque vult salvus esse… », contient des clauses damnantes (damnatus est) qui choquent de nombreux protestants et le font tomber en désuétude dans les Églises réformées et certaines Églises luthériennes.
Le Livre de la Concorde — standards luthériens
Les confessions protestantes — famille luthérienne (1530–1580)
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Confessio Augustana
1530 — Melanchthon — Augsbourg
28 articles présentés à l'Empereur Charles V lors de la Diète d'Augsbourg. C'est la première confession protestante présentée à une autorité impériale. Ton iréniciste — cherche à montrer que les luthériens ne s'écartent pas de l'Église catholique sur les articles essentiels.
Standard normatif mondial
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Apologie de la Confession
1531 — Melanchthon
Défense approfondie de la Confessio Augustana contre la Confutation catholique. L'article IV sur la justification est le plus développé — 60 pages de théologie dense qui constituent le traitement le plus complet de la doctrine luthérienne de la justification.
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Articles de Smalcalde
1537 — Luther
Luther rédige ses positions personnelles en vue d'un concile général. Ton beaucoup plus combatif que Melanchthon — Luther identifie explicitement le pape à l'Antéchrist. L'article II, 4 sur le primat romain est la déclaration la plus dure de Luther contre Rome.
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Catéchismes de Luther
1529 — Luther
Le Grand Catéchisme (pour les pasteurs) et le Petit Catéchisme (pour la famille) — les textes d'instruction les plus influents du protestantisme. Structurés autour des Dix Commandements, du Symbole des Apôtres, du Notre Père, et des sacrements.
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Formula Concordiae
1577 — Chemnitz, Andrea et al.
Tente de résoudre les controverses luthériennes post-Luther (1548–1577) : libre arbitre, Cène, christologie, prédestination. Le document le plus technique du Konkordienbuch — accepté par les luthériens confessionnels, rejeté par d'autres comme trop scolastique.
Les « Trois Formes d'Unité » et au-delà
Les confessions protestantes — famille réformée
La tradition réformée se caractérise par sa richesse confessionnelle — pas un seul standard universel comme le Livre de la Concorde luthérien, mais une famille de confessions régionales qui convergent sur l'essentiel.
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Catéchisme de Genève
1542 — Calvin — Genève
Catéchisme de formation chrétienne pour les enfants genevois — 373 questions-réponses sur la foi, la Loi, la prière et les sacrements. Structuré autour du Symbole, des Commandements, du Notre Père et des sacrements.
🇩🇪
Catéchisme de Heidelberg
1563 — Ursinus, Olevianus — Palatinat
Le catéchisme réformé le plus aimé et le plus utilisé dans le monde. 129 questions structurées autour des trois thèmes : « La misère de l'homme », « La délivrance de l'homme », « La gratitude de l'homme ». Sa première question : « Quelle est ton unique consolation dans la vie et dans la mort ? » a nourri des générations de chrétiens.
Traduit en 40 langues
🇫🇷
Confession de La Rochelle
1559 — Synode de Paris — Calvin réd.
40 articles adoptés par le premier synode des Églises réformées de France. Rédigée en grande partie par Calvin. Première confession des Huguenots. Encore formellement reconnaissible dans l'Église Protestante Unie de France.
🇳🇱
Confession Belgica
1561 — Guy de Brès — Pays-Bas
37 articles rédigés par Guy de Brès, martyrisé en 1567. L'une des « Trois Formes d'Unité » normatives pour les Églises réformées néerlandaises mondiales (avec le Catéchisme de Heidelberg et les Canons de Dordrecht).
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Seconde Confession Helvétique
1566 — Bullinger — Zurich
La confession réformée la plus diffusée internationalement au XVIe siècle — adoptée par la Hongrie, la Pologne, l'Écosse, la France, les Pays-Bas. 30 chapitres qui couvrent toute la dogmatique réformée.
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Canons de Dordrecht
1619 — Synode international — Dordrecht
La codification des cinq points du calvinisme (TULIP) en réponse aux cinq articles arminiens. Seule assemblée confessionnelle réformée internationale de l'histoire (délégués de toute l'Europe protestante). 154 articles officiels et 9 « points rejetés ».
1ère assemblée réformée internationale
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Westminster Confession
1646 — Assemblée de Westminster — Londres
33 chapitres — la confession réformée la plus complète et la plus systématique. Standard confessionnel de toutes les Églises presbytériennes mondiales. Accompagnée du Grand Catéchisme (196 questions) et du Petit Catéchisme (107 questions).
Standard mondial presbytérien
Anglicanisme, anabaptisme et autres traditions
Les confessions protestantes — familles anglicane, anabaptiste, méthodiste
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39 Articles
1571 — Angleterre — Elizabeth I
Les articles de foi de l'Église d'Angleterre. Réformés en sotériologie (articles IX–XVIII), conservateurs en ecclésiologie (épiscopat, liturgie). Célèbres pour leur ambiguïté calculée — assez vagues pour inclure à la fois Anglo-catholiques et Évangéliques.
Via media anglicane
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Confession de Schleitheim
1527 — Michael Sattler — Schleitheim
7 articles — la première confession anabaptiste. Sattler est brûlé vif trois mois plus tard. Les 7 articles définissent les marqueurs anabaptistes : baptême des croyants, communion fermée, séparation du monde, refus du serment et de l'épée, pasteurs non rémunérés.
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Articles of Religion (Wesley)
1784 — John Wesley — Méthodisme américain
Wesley abrège les 39 articles anglicans à 25 pour l'Église méthodiste américaine nouvellement indépendante. Supprime les articles sur la prédestination et les clauses contre les anabaptistes. Ajout de l'article sur la sanctification.
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London Baptist Confession
1689 — Angleterre — Baptistes calvinistes
Fortement influencée par la Westminster Confession — adapte le cadre presbytérien au gouvernement congrégationaliste et au baptême des croyants. Encore normative pour les baptistes réformés.
Wuppertal-Barmen — Karl Barth, Baselgia confessante
6 thèses contre la nazification de l'Église allemande. La première thèse affirme que Jésus-Christ est « l'unique Parole de Dieu » — refus de toute « source de révélation » autre (Nation, Race, Histoire). Texte fondateur de la théologie dialectique barth-ienne. Incluse dans le Book of Confessions de l'Église presbytérienne (USA).
1974
Pacte de Lausanne
Lausanne — 2 300 participants de 150 pays
15 articles sur l'évangélisation mondiale. Produit du Congrès International sur l'Évangélisation Mondiale convoqué par Billy Graham. Définit la mission chrétienne comme incluant la proclamation de l'Évangile ET la responsabilité sociale. Deuxième déclaration de Lausanne (1989, Manille), troisième (2010, Cap-Occidental). Texte de référence pour le protestantisme évangélique mondial.
1999
Déclaration commune sur la doctrine de la Justification
Affirme un « consensus fondamental » sur la justification entre catholiques et luthériens. Texte œcuménique le plus significatif depuis la Réforme. Mais les théologiens confessionnels des deux côtés estiment que le texte n'a pas résolu les désaccords substantiels — notamment sur l'imputation et le mérite.
2010
Déclaration du Cap (Cape Town Commitment)
Cap-Occidental — 4 000 leaders évangéliques
Troisième Congrès de Lausanne. 64 pages articulant une vision de mission qui intègre proclamation, justice sociale, souci de la création, et dialogue interreligieux. Reflet de la maturité du christianisme évangélique mondial — plus de la moitié des participants viennent du Sud global.
Théorie et fonction des confessions de foi
Une confession de foi (du latin confessio fidei) est un document écrit, normatif pour une communauté ecclésiale, qui énonce de manière organisée et publique les articles essentiels de la foi chrétienne reçus par cette communauté. Elle se distingue du credo liturgique (récité dans le culte) par sa structure plus développée et son rôle de norme doctrinale et disciplinaire.
Trois fonctions principales
Fonction doctrinale — délimiter ce qui est cru au sein d'une communauté ; fixer la frontière entre ce qui est confessé et ce qui ne l'est pas ;
Fonction disciplinaire — norme pour l'enseignement, la prédication, et la formation des ministres (signature confessionnelle obligatoire à l'ordination dans la plupart des Églises confessionnelles) ;
Fonction œcuménique — base de dialogue avec les autres confessions, repère pour identifier convergences et divergences.
Norma normans / norma normata
La théologie protestante classique distingue deux niveaux d'autorité doctrinale :
Norma normans non normata (« norme normative non normée ») — l'Écriture sainte, autorité ultime et absolue ;
Norma normata (« norme normée ») — les confessions de foi, autorité dérivée et soumise à l'Écriture.
Ce principe permet aux Églises protestantes d'avoir des confessions normatives sans tomber dans le magistère catholique : les confessions sont contraignantes parce que (et dans la mesure où) elles sont conformes à l'Écriture. La formule traditionnelle de signature : « parce que conforme » (quia conformes) ou « en tant que conformes » (quatenus conformes) — distinction qui sépare les confessionnalistes stricts (quia) des confessionnalistes ouverts (quatenus).
Les symboles œcuméniques anciens (IIe–VIe siècle)
Les trois symboles œcuméniques anciens sont reçus par catholiques, orthodoxes, anglicans, luthériens et la plupart des réformés (mais pas par toutes les Églises baptistes et évangéliques) :
Le Symbole des Apôtres (forme finale ~700)
Latin — forme reçue
Credo in Deum Patrem omnipotentem, Creatorem caeli et terrae. Et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum, qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine, passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus, descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis, ascendit ad caelos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis, inde venturus est iudicare vivos et mortuos. Credo in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam aeternam. Amen.
Français — texte œcuménique 1962
« Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli ; il est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, la sainte Église catholique, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Amen. »
Note historique : le Symbole des Apôtres n'a pas été rédigé par les apôtres eux-mêmes (légende tardive). Il dérive de l'Antiquum symbolum romanum (Vieux symbole romain), formulaire baptismal de l'Église de Rome attesté dès le IIe siècle (Tertullien, Irénée), qui a évolué progressivement jusqu'à sa forme finale au VIIIe siècle. Symbole de référence pour le catéchisme baptismal occidental. Non utilisé en Orient (qui utilise Nicée-Constantinople).
Le Symbole d'Athanase (Quicumque, Ve–VIe s.)
Ce long symbole, à structure didactique, n'est pas d'Athanase d'Alexandrie (attribution traditionnelle erronée) mais probablement rédigé en latin dans le sud de la Gaule au Ve ou VIe siècle (Vincent de Lérins ou son école). Il développe :
L'unité trinitaire en 21 articles (versets 1-26) ;
La christologie chalcédonienne en 16 articles (versets 27-42).
Particularité : il s'ouvre et se clôt par des clauses damnatoires (« quiconque n'aura pas conservé cette foi entière et inviolée périra sans nul doute pour l'éternité »). Reçu dans la liturgie occidentale aux fêtes de la Trinité ; mis en cause par l'Église anglicane au XIXe siècle (clauses damnatoires jugées choquantes pastoralement). Maintenu dans la Concordia luthérienne et dans les confessions réformées du XVIe siècle.
Les confessions luthériennes — analyse détaillée
La Confession d'Augsbourg (1530)
Présentée à l'empereur Charles Quint à la Diète d'Augsbourg le 25 juin 1530, rédigée principalement par Philippe Mélanchthon sur la base des Articles de Marbourg (octobre 1529) et des Articles de Schwabach (juillet 1529), corrigée par Luther.
Structure en 28 articles, deux parties :
Articles I-XXI — articles doctrinaux affirmant la foi chrétienne commune (Dieu, péché originel, Fils de Dieu, justification, Église, baptême, Cène, confession, repentance, gouvernement civil, retour du Christ, libre arbitre, cause du péché, vénération des saints). Le texte se veut œcuménique et conciliable avec Rome dans la mesure où il évite les divergences les plus controversées (par exemple : ne mentionne pas la papauté).
Articles XXII-XXVIII — abus rejetés (communion sous une seule espèce, mariage des prêtres, messe privée, confession obligatoire, distinction des aliments, vœux monastiques, pouvoir ecclésiastique).
L'article IV (sur la justification, voir Salut comparé) est l'article-clé. L'Augustana invariata (1530) est devenue le texte fondateur du luthéranisme ; elle a été modifiée par Mélanchthon en 1540 (Augustana variata) pour rapprocher les positions luthériennes des positions calviennes sur l'eucharistie (la formule « cum pane » devient acceptable). C'est cette version qui a été signée par Calvin et reçue dans certaines Églises réformées (Brandebourg, Hesse).
L'Apologie de la Confession d'Augsbourg (1531)
Mélanchthon, en réponse à la Confutatio catholique rédigée par Johannes Eck, rédige une Apologie (du grec ἀπολογία, « défense ») en 28 articles correspondant à ceux de la Confession. Volume considérable (plus de 6 fois la Confession). L'article IV de l'Apologie est le développement luthérien le plus systématique de la doctrine de la justification par la foi.
La Formule de Concorde (1577)
Après la mort de Luther (1546), le luthéranisme traverse plus de 30 ans de controverses internes (controverses adiaphoriste, synergiste, majoriste, osiandriste, antinomienne, cryptocalviniste). La Formule de Concorde, rédigée en 1577 par Jakob Andreae, Martin Chemnitz, Nikolaus Selnecker et al., tranche en 12 articles. Acceptée par 8 188 théologiens et plus de la moitié du luthéranisme territorial allemand en 1580. Deux parties :
Épitomé — résumé concis des 12 articles ;
Déclaration solide (Solida Declaratio) — développement détaillé.
Articles principaux : péché originel, libre arbitre, justification, bonnes œuvres, loi et évangile, troisième usage de la loi, Cène (rejet de Calvin), personne du Christ (communicatio idiomatum), descente aux enfers, adiaphora, prédestination, Münzer-Schwenkfeld-anabaptistes.
Les confessions réformées — analyse détaillée
Catéchisme de Heidelberg (1563)
Rédigé en 1563 par Zacharias Ursinus et Caspar Olevianus, sur commande du prince électeur Frédéric III du Palatinat. Structure pédagogique exceptionnelle en 52 dimanches (un dimanche par semaine de l'année) et 129 questions-réponses, organisées en 3 parties :
De la misère de l'homme (Q3-11) — connaissance du péché par la Loi ;
De la délivrance de l'homme (Q12-85) — connaissance du Christ et de la rédemption (largement consacrée à l'exposition du Symbole des Apôtres et des sacrements) ;
De la reconnaissance que nous devons à Dieu (Q86-129) — connaissance de la sanctification par l'exposition des Dix Commandements et du Notre Père.
Particulièrement célèbre : la question 1 (« Quel est ton unique réconfort dans la vie et dans la mort ? ») qui résume tout l'évangile réformé en une question.
Allemand — Q1 (1563)
« Was ist dein einziger Trost im Leben und im Sterben ?
Daß ich mit Leib und Seele beides im Leben und im Sterben nicht mein, sondern meines getreuen Heilandes Jesu Christi eigen bin, der mit seinem teuren Blut für alle meine Sünden vollkommen bezahlt und mich aus aller Gewalt des Teufels erlöst hat. »
Français
« Quelle est ton unique consolation dans la vie comme dans la mort ?
C'est que, corps et âme, dans la vie comme dans la mort, je ne m'appartiens pas à moi-même, mais je suis la propriété de mon fidèle Sauveur Jésus Christ, qui par son sang précieux a parfaitement payé pour tous mes péchés et m'a délivré de toute la puissance du diable. »
Le Catéchisme de Heidelberg est reçu dans la Confessio Belgica (1561) et le Catéchisme de Heidelberg lui-même comme l'un des Trois Formes d'Unité dans les Églises réformées continentales d'origine néerlandaise.
Confessio Helvetica Posterior (1566)
Rédigée en 1562 par Heinrich Bullinger (successeur de Zwingli à Zürich) comme son testament théologique personnel, et publiée en 1566 comme texte commun des cantons suisses réformés (Zürich, Berne, Bâle, Schaffhouse, Saint-Gall, Bienne, Mulhouse, Genève). Reçue ensuite par les Églises réformées de Hongrie, de Pologne, d'Écosse, de France, de Bohême.
30 chapitres remarquablement structurés, fondement doctrinal de la Réforme zwinglienne consolidée. Particulièrement importants :
Chap. I-II — Écriture, interprétation, autorité ;
Chap. III-V — Trinité, idolâtrie, prière ;
Chap. X-XI — prédestination, Jésus Christ ;
Chap. XVII-XXI — Église, ministère, sacrements (avec position calvinienne sur la présence réelle spirituelle) ;
Chap. XXVI — sur la sépulture des fidèles et le soin pour les morts (rejet du purgatoire, voir Eschatologie) ;
Chap. XXX — sur le célibat, le mariage et l'économie familiale.
Westminster Confession (1647)
Rédigée par l'Assemblée de Westminster (1er juillet 1643 – 22 février 1649), à Westminster Abbey à Londres, sur convocation du Long Parlement anglais. 121 commissaires (théologiens et laïcs anglicans, presbytériens et indépendants) + 30 membres surnuméraires (dont les commissaires écossais en visite). Plus de 1 163 sessions plénières.
Trois documents principaux :
The Westminster Confession of Faith (1646, ratifiée 1647) — 33 chapitres ;
The Larger Catechism (1648) — 196 questions ;
The Shorter Catechism (1647) — 107 questions, mémorisable.
Particularité historique : la Confession de Westminster n'a pas été reçue par l'Église anglicane (rétablissement de l'épiscopat sous Charles II en 1660), mais elle est devenue la confession officielle de l'Église d'Écosse (1647) et de toutes les Églises presbytériennes anglophones du monde — c'est aujourd'hui la confession réformée la plus largement reçue (Écosse, USA, Canada, Irlande du Nord, Australie, Corée du Sud presbytérienne, etc.).
Westminster Confession ch. I.1 — l'Écriture comme norme
Anglais — WCF I.1 (1646)
"Although the light of nature, and the works of creation and providence, do so far manifest the goodness, wisdom, and power of God, as to leave men inexcusable; yet are they not sufficient to give that knowledge of God, and of his will, which is necessary unto salvation. Therefore it pleased the Lord, at sundry times, and in divers manners, to reveal himself, and to declare that his will unto his Church; and afterwards (...) to commit the same wholly unto writing: which maketh the holy Scripture to be most necessary; those former ways of God's revealing his will unto his people being now ceased."
Français
« Bien que la lumière de la nature et les œuvres de la création et de la providence manifestent suffisamment la bonté, la sagesse et la puissance de Dieu pour rendre les hommes inexcusables, elles ne suffisent cependant pas à donner la connaissance de Dieu et de sa volonté nécessaire au salut. C'est pourquoi il a plu au Seigneur, à diverses époques et de diverses manières, de se révéler et de déclarer sa volonté à son Église ; et par la suite (...) de mettre tout cela par écrit, ce qui rend la sainte Écriture absolument nécessaire, ces façons antérieures par lesquelles Dieu révélait sa volonté à son peuple ayant maintenant cessé. »
Confessions catholiques et orthodoxes modernes
Le Catéchisme de l'Église catholique (1992)
Promulgué par Jean-Paul II le 11 octobre 1992 (30e anniversaire de l'ouverture de Vatican II), publié officiellement en latin en 1997 (editio typica). Sept ans de travail d'une commission de 12 cardinaux et évêques présidée par Joseph Ratzinger. Structure en 4 parties (héritée du Catéchisme romain de Pie V, 1566) :
La profession de la foi (1-1065) — exposition du Symbole des Apôtres ;
La célébration du mystère chrétien (1066–1690) — liturgie et 7 sacrements ;
La vie dans le Christ (1691–2557) — Dix Commandements, vertus, vie morale ;
La prière chrétienne (2558–2865) — Notre Père.
Le CEC est la première synthèse doctrinale catholique d'envergure depuis Trente. Il intègre les acquis de Vatican II tout en maintenant la continuité doctrinale traditionnelle. Sa réception dans le monde catholique a été massive (plus de 50 millions d'exemplaires en 50 langues). Le Compendium du Catéchisme (2005) en propose une version condensée en questions-réponses (598 questions).
Confession orthodoxe de Pierre Moghila (1640–1642)
Rédigée par Pierre Moghila, métropolite de Kiev, en réaction à l'influence protestante (notamment du patriarche Cyrille Loukaris dont la Confession orientale de 1629 avait des accents calvinistes). Approuvée par le concile de Iași (1642) puis par les quatre patriarches orientaux (Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem) en 1643.
Structure tripartite (foi-espérance-charité, héritée de la pédagogie augustinienne) :
Foi — exposition du symbole de Nicée-Constantinople en 126 questions ;
Espérance — Notre Père et béatitudes ;
Charité — Dix Commandements et péchés capitaux.
Reste un texte de référence orthodoxe sans être un dogme officiel au sens latin.
Confession de Dosithée (Synode de Jérusalem, 1672)
Réaction orthodoxe officielle à la Confession orientale de Cyrille Loukaris (1629, jugée trop calviniste). Dosithée Notaras, patriarche de Jérusalem (1641–1707), rédige cette confession en 18 décrets adoptée par le synode de Jérusalem (16 mars 1672, dans la chapelle de Bethléem). Texte tardif mais qui reste la principale référence post-byzantine de la doctrine orthodoxe sur :
La prédestination (décret III) — orthodoxe, pas calviniste ;
L'autorité de l'Écriture et de la Tradition (décret II) ;
Les 7 mystères (sacrements) — alignement formel avec la position catholique latine ;
La transformation eucharistique μετουσίωσις (décret XVII) ;
La vénération des images et des saints.
Confessions et déclarations contemporaines
Déclaration de Barmen (1934)
Rédigée principalement par Karl Barth, adoptée par le premier synode de l'Église confessante allemande (Bekennende Kirche) à Barmen-Wuppertal (29-31 mai 1934). Texte court (6 thèses) mais d'importance historique majeure : refus théologique du nazisme et du mouvement des « chrétiens allemands » (Deutsche Christen) pro-nazis.
Allemand — Barmen I (1934)
« Jesus Christus, wie er uns in der Heiligen Schrift bezeugt wird, ist das eine Wort Gottes, das wir zu hören, dem wir im Leben und im Sterben zu vertrauen und zu gehorchen haben. Wir verwerfen die falsche Lehre, als könne und müsse die Kirche als Quelle ihrer Verkündigung außer und neben diesem einen Worte Gottes auch noch andere Ereignisse und Mächte, Gestalten und Wahrheiten als Gottes Offenbarung anerkennen. »
Français
« Jésus Christ, tel qu'il nous est attesté dans la Sainte Écriture, est l'unique Parole de Dieu, que nous avons à écouter, en qui nous avons à mettre notre confiance et à qui nous avons à obéir dans la vie comme dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l'Église pourrait et devrait reconnaître, comme source de sa prédication, en dehors et à côté de cette unique Parole de Dieu, d'autres événements et puissances, figures et vérités comme révélation de Dieu. »
Note historique : Barmen I est dirigée explicitement contre l'idée que « le sang et la race », « l'esprit du peuple allemand », ou tout autre principe pourrait être source de la prédication chrétienne aux côtés de Jésus Christ. Texte fondateur de la résistance théologique au nazisme. Il a été reçu après-guerre comme l'un des textes confessionnels les plus importants du XXe siècle, étudié dans toutes les Églises issues de la Réforme.
Concorde de Leuenberg (1973)
Le 16 mars 1973 à Leuenberg (Bâle, Suisse), 75 Églises luthériennes, réformées et unies d'Europe signent la Concorde de Leuenberg. Ce texte rétablit la communion ecclésiale entre les deux principales familles protestantes du XVIe siècle, brisée à Marbourg en 1529.
Trois affirmations centrales :
Accord sur la compréhension commune de l'Évangile (justification par la foi seule en Christ) ;
Accord sur la compréhension commune des sacrements (baptême + Cène : présence réelle, sans définition philosophique commune entre consubstantiation et présence spirituelle) ;
Reconnaissance que les condamnations doctrinales du XVIe siècle ne s'appliquent plus à l'enseignement actuel des Églises signataires.
Conséquences pratiques : communion eucharistique mutuelle, reconnaissance mutuelle des ministères ordonnés, possibilité d'échange de chaires. Élargie aux méthodistes en 1997 (Communion d'Églises Protestantes en Europe / CEPE).
Déclaration de Belhar (1986)
Adoptée par l'Église réformée hollandaise mission de l'Afrique du Sud (Dutch Reformed Mission Church) en 1986 à Belhar (Le Cap), en réponse à la justification théologique de l'apartheid par certaines Églises réformées blanches. Trois thèmes :
Unité — l'Église est une ; les divisions raciales contredisent l'évangile ;
Réconciliation — Dieu réconcilie en Christ ; toute idéologie de séparation raciale est hérétique ;
Justice — Dieu est aux côtés des opprimés ; l'Église doit prendre parti pour eux.
La Déclaration de Belhar est devenue le 4e texte confessionnel des Églises réformées sud-africaines unies (avec Heidelberg, Belgica, Dordrecht). Adoptée également par plusieurs Églises réformées hors d'Afrique (Reformed Church in America, Christian Reformed Church in North America en 2012).
Engagement de Lausanne (1974, Manille 1989, Le Cap 2010)
Le Mouvement de Lausanne, fondé en 1974 sous l'impulsion de Billy Graham, a produit trois textes confessionnels structurants pour l'évangélisme mondial :
Engagement de Lausanne (1974) — 15 articles, rédigés principalement par John Stott ;
Manifeste de Manille (1989) — 21 affirmations, intégrant les défis de la mission urbaine et du Sud global ;
Engagement du Cap (2010) — deux parties : (1) confession de foi en 10 articles ; (2) appel à l'action sur les défis contemporains (formation, mission, justice, dialogue interreligieux, persécution).
Ces textes ne sont pas confessionnels au sens strict (ils ne lient pas formellement une Église particulière), mais constituent les principaux textes œcuméniques évangéliques contemporains, signés par des leaders évangéliques de plus de 200 pays.
Synthèse pédagogique
Les confessions de foi chrétiennes se déploient sur près de deux mille ans, en plusieurs périodes structurantes :
Textes contemporains — Barmen 1934 (contre le nazisme), Leuenberg 1973 (œcuménique luthéro-réformé), Lausanne 1974/1989/2010 (évangélique mondial), Belhar 1986 (contre l'apartheid), Déclaration commune sur la justification 1999.
Pour la doctrine d'autorité scripturaire qui fonde ces confessions, voir Cinq Solas ; pour les conciles qui sont à l'origine des symboles, voir Conciles ; pour les confessions par tradition, voir Branches protestantes et Textes confessionnels.
Compléments — synthèse et textes commentés
Synthèses, tableaux comparatifs et dossiers issus du second module consacré à ce sujet, réunis ici afin que rien ne se perde.
Luthérienne
Une confession de foi (confessio fidei) est un document doctrinal formel qui définit les convictions d’une Église en les démarquant des erreurs qu’elle rejette. Les confessions luthériennes sont rassemblées dans le Livre de Concorde (1580), le corpus confessionnel le plus complet du protestantisme.
Le Livre de Concorde (1580)
La Confession d’Augsbourg (Confessio Augustana), 1530
Rédigée par Melanchthon pour la Diète d’Augsbourg, Luther étant alors banni de l’Empire et donc absent. Elle compte 28 articles : 21 points de doctrine et 7 sur les abus. Elle cherche la continuité avec la tradition catholique tout en affirmant les vérités de la Réforme. L’article VII définit l’Église comme l’assemblée des saints où l’Évangile est enseigné purement et les sacrements administrés selon son institution. Elle demeure normative pour toutes les Églises luthériennes du monde.
L’Apologie de la Confession d’Augsbourg, 1531
Réponse de Melanchthon à la Confutatio catholique. Exposé plus ample et plus technique de la doctrine de la justification. L’article IV reste la formulation luthérienne classique : la justification est rémission des péchés et acceptation par Dieu, par la foi seule, à cause du Christ.
Les Articles de Smalkalde, 1536
Rédigés par Luther en vue d’un concile général qui ne se tint jamais. Le ton y est plus combatif que dans la Confession d’Augsbourg. Luther y désigne les points non négociables face à Rome : « Le premier et principal article est celui-ci : Jésus-Christ, notre Dieu et Seigneur, est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification (Rm 4,25) » — tout le reste en dépend.
Le Petit et le Grand Catéchisme, 1529
Luther tenait le Petit Catéchisme pour son œuvre la plus importante. Conçu pour les familles et les enfants, il traite du Décalogue, du Symbole des apôtres, du Notre Père, du baptême, de la confession et de la Cène, sous forme de questions et de réponses. C’est un chef-d’œuvre de pédagogie catéchétique, encore en usage aujourd’hui.
La Formule de Concorde (1577) et le Livre de Concorde (1580)
Après des décennies de querelles internes consécutives à la mort de Luther — gnésio-luthériens contre philippistes, sur la Cène, le libre arbitre et les bonnes œuvres —, la Formule de Concorde clarifie la doctrine luthérienne en douze articles. Le Livre de Concorde (1580) rassemble l’ensemble des documents confessionnels : les symboles des apôtres, de Nicée et d’Athanase, ainsi que les cinq documents luthériens. C’est le corpus luthérien définitif.
Réformée
La tradition confessionnelle réformée est plurielle : au lieu d’un corpus normatif unique, elle compte une série de confessions nationales partageant le même substrat calviniste. Toutes affirment l’autorité de l’Écriture, la théologie de l’alliance et la prédestination.
Les grandes confessions réformées
La Seconde Confession helvétique (Confessio Helvetica Posterior), 1566
Rédigée par Heinrich Bullinger, successeur de Zwingli à Zurich, pour son ami l’électeur Frédéric III du Palatinat. Trente chapitres couvrant toute la théologie systématique. C’est la confession réformée la plus largement reçue : France, Écosse, Hongrie, Pologne, Pays-Bas, Angleterre. Elle scelle la réconciliation du calvinisme et du zwinglianisme sur la base du Consensus Tigurinus (1549).
Le Catéchisme de Heidelberg, 1563
Rédigé par Zacharias Ursinus et Caspar Olevianus pour l’électeur Frédéric III, il compte 129 questions. La première est célèbre : « Quelle est ta seule consolation dans la vie et dans la mort ? — C’est que, de corps et d’âme, dans la vie comme dans la mort, je n’appartiens pas à moi-même, mais à mon fidèle Sauveur Jésus-Christ. » Il est normatif dans les Églises réformées néerlandaises, allemandes et américaines.
La Confession de foi de La Rochelle (Confessio Gallicana), 1559
Confession des huguenots français, rédigée avec la collaboration de Calvin. Quarante articles, adoptés au premier synode national protestant de Paris en 1559, révisés à La Rochelle en 1571. Normative pour les réformés français jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes (1685), qui disperse les huguenots dans toute l’Europe et fonde la diaspora réformée.
Les Canons de Dordrecht, 1619
Rédigés par le synode réformé international de Dordrecht en réponse aux cinq Remontrances arminiennes de 1610. Ils formulent en cinq chapitres la sotériologie réformée, que l’on désignera plus tard par TULIP. Avec la Confession belge (1561) et le Catéchisme de Heidelberg, ils constituent les « Trois Formes d’unité » (Drie Formulieren van Enigheid) des Églises réformées néerlandaises.
La Confession de Westminster, 1647
Rédigée par l’Assemblée de Westminster — 121 théologiens et des délégués parlementaires — en 33 chapitres. C’est la confession réformée la plus complète, la plus systématique et la plus influente. Avec le Grand et le Petit Catéchisme de Westminster, elle demeure normative pour le presbytérianisme anglophone : Écosse, États-Unis, Corée du Sud, Nigeria, Australie.
Anglicane
La tradition confessionnelle anglicane cherche la via media, une voie moyenne entre catholicisme romain et protestantisme réformé. Les Trente-Neuf Articles (1571) demeurent le document normatif, malgré une ambiguïté délibérée sur plusieurs points.
Les Trente-Neuf Articles et d’autres confessions marquantes
Confession
Tradition
Année
Affirmations principales
Trente-Neuf Articles
Anglicane
1571
Art. 11 : justification par la foi seule. Art. 17 : prédestination calviniste modérée. Art. 28-29 : rejet de la transsubstantiation. Volontairement ouverts sur la théologie eucharistique.
Confession baptiste de Londres
Baptiste calviniste
1689
Adaptation de Westminster pour les baptistes : crédobaptisme au lieu du pédobaptisme ; la sotériologie réformée est par ailleurs conservée.
Déclaration de Barmen
Luthéro-réformée
1934
Rédigée par Barth pour l’Église confessante. Thèse 1 : « Jésus-Christ, tel qu’il nous est attesté dans l’Écriture sainte, est l’unique Parole de Dieu » — contre l’inféodation de l’Église au national-socialisme.
« Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Église pourrait et devrait reconnaître, en dehors et à côté de cette unique Parole de Dieu, d’autres événements, puissances, figures et vérités comme étant une révélation de Dieu. »
Déclaration de Barmen, thèse 1 (1934) — rédigée par Karl Barth
Textes primaires
Les textes confessionnels ne sont pas des documents secs : ce sont des manifestes spirituels et théologiques, écrits par des hommes en temps de crise. Leur lecture directe est irremplaçable.
Textes primaires commentés
Confession d’Augsbourg, article VII (1530)
« Il est enseigné en outre qu’il doit y avoir et demeurer en tout temps une sainte Église chrétienne, qui est l’assemblée de tous les croyants chez qui l’Évangile est prêché purement et les saints sacrements administrés conformément à l’Évangile. Car il suffit, pour la vraie unité de l’Église chrétienne, que l’Évangile y soit prêché d’un commun accord selon son sens véritable et que les sacrements y soient administrés selon la Parole de Dieu. »
CA, art. VII (1530), BSLK 61
Cette définition de l’Église est fonctionnelle et non institutionnelle : l’Église se définit par ce qui s’y fait — prédication de l’Évangile et administration des sacrements — et non par qui y exerce l’autorité, hiérarchie ou succession apostolique. C’est là la différence ecclésiologique fondamentale entre le protestantisme d’une part, le catholicisme et l’orthodoxie de l’autre.
Catéchisme de Heidelberg, question 1 (1563)
« Quelle est ta seule consolation dans la vie et dans la mort ? — C’est que, de corps et d’âme, dans la vie comme dans la mort, je n’appartiens pas à moi-même, mais à mon fidèle Sauveur Jésus-Christ, qui, par son sang précieux, a pleinement satisfait pour tous mes péchés et m’a délivré de toute la puissance du diable ; il me garde si bien que, sans la volonté de mon Père céleste, il ne peut tomber un seul cheveu de ma tête, et que même toutes choses doivent concourir à mon salut. »
Catéchisme de Heidelberg, question 1 (1563)
Cette réponse condense toute la sotériologie réformée : appartenance au Christ, qui recouvre élection et persévérance ; substitution pénale, dans l’expression « pleinement satisfait » ; délivrance de la puissance du diable ; providence universelle, dans l’image du cheveu ; assurance du salut par le Saint-Esprit ; et sanctification, dans la disposition à vivre désormais pour lui.
Confession de Westminster, chapitre I §4 (1647)
« L’autorité de l’Écriture sainte, pour laquelle elle doit être crue et obéie, ne dépend du témoignage d’aucun homme ni d’aucune Église, mais entièrement de Dieu, qui est la vérité même et qui en est l’auteur ; elle doit donc être reçue parce qu’elle est la Parole de Dieu. »
Confession de Westminster, I §4 (1647)
Ce texte formule avec précision l’autopistia, l’auto-attestation de l’Écriture : la Bible n’est pas canonique parce que l’Église l’a déclarée telle, elle est Parole de Dieu parce que Dieu en est l’auteur. L’Église reconnaît ce caractère, elle ne le confère pas. C’est la différence de fond avec la position catholique sur le rapport entre Écriture, Tradition et Magistère.
Bibliographie des compléments
Kolb, Robert et Timothy J. Wengert, éds. The Book of Concord: The Confessions of the Evangelical Lutheran Church. Minneapolis : Fortress, 2000.
Cochrane, Arthur C., éd. Reformed Confessions of the 16th Century. Louisville : Westminster John Knox, 2003.
Leith, John H., éd. Creeds of the Churches. 3e éd. Atlanta : John Knox, 1982.
Muller, Richard A. Post-Reformation Reformed Dogmatics. 4 vol. 2e éd. Grand Rapids : Baker Academic, 2003.
Pelikan, Jaroslav et Valerie Hotchkiss, éds. Creeds and Confessions of Faith in the Christian Tradition. 4 vol. New Haven : Yale University Press, 2003.
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1Symbole ancien
Symbole des Apôtres
forme reçue VIIIe s.
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le credo baptismal de l'Occident latin
Issu de la profession baptismale romaine (Symbolum Romanum). Structure trinitaire en trois articles. Symbole pré-confessionnel commun aux catholiques, protestants et anglicans. Récité encore aujourd'hui dans la catéchèse occidentale.
Symbolum Apostolorum
2Symbole ancien
Nicée-Constantinople
325 / 381
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le Credo liturgique universel
Élaboré à Nicée (325) puis complété à Constantinople (381). Affirme la consubstantialité du Fils (ὁμοούσιος) et la divinité de l'Esprit. Récité dans la liturgie catholique, orthodoxe et de nombreuses Églises protestantes. Le Filioque latin reste un point de divergence avec l'Orient.
Symboles de 325 et 381
3Symbole ancien
Symbole d'Athanase
Quicumque vult
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exposé détaillé de la Trinité et de la christologie
Origine latine (probablement Ve-VIe s., Sud de la Gaule), longtemps attribué à Athanase. Reçu en Occident (luthériens, anglicans, réformés), inconnu de l'Orient. Forme longue (~40 versets) sur Trinité et Incarnation.
Symbole Athanasien
4Symbole ancien
Définition de Chalcédoine
451
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la christologie classique des deux natures
« Un seul et même Christ, en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. » Norme christologique reçue par catholiques, orthodoxes byzantins, protestants et anglicans. Pierre angulaire de la christologie classique.
Définition de Chalcédoine
5Distinction
Symbole vs Confession
structure éditoriale
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une distinction fondamentale
Les symboles œcuméniques anciens (Apôtres, Nicée-Constantinople, Athanasien, Chalcédoine) sont pré-protestants et communs à toutes les grandes traditions. Les confessions protestantes (Augsbourg, Westminster…) sont dénominationnelles, issues de la Réforme. Ne pas confondre.
Distinction éditoriale
6Concept
Norma normata
« norme normée »
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la confession sous l'Écriture
Pour les protestants, l'Écriture est norma normans (norme normative), la confession norma normata (norme normée par l'Écriture). La confession a autorité dérivée et reste révisable à la lumière de l'Écriture. Distinction fondamentale.
Théorie réformée des confessions
7Symbole ancien
Anathema sit
structure des anciens credos
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le credo formule positivement, les conciles condamnent
Les symboles antiques disent ce qu'on croit (positif). Les anathèmes conciliaires (« qu'il soit anathème ») disent ce qu'on rejette (négatif). Structure complémentaire : énoncer la foi orthodoxe et exclure l'hérésie. Trente recourt encore aux deux.
Conciles de Nicée à Trente
8Luthérienne
Confession d'Augsbourg
1530 — Confessio Augustana
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le texte fondateur du luthéranisme
Rédigée par Mélanchthon, présentée à Charles Quint à la diète d'Augsbourg (25 juin 1530). 28 articles : 21 doctrinaux, 7 sur les abus. Esprit conciliant cherchant à montrer la continuité avec l'Église ancienne. Norme normée des Églises luthériennes.
Confessio Augustana (1530)
9Luthérienne
Apologie de l'Augustana
1531
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défense argumentée de la Confession d'Augsbourg
Aussi par Mélanchthon. Répond à la Confutatio catholique. Texte le plus volumineux du Livre de Concorde. Approfondit notamment la doctrine de la justification (article IV). Statut confessionnel majeur dans le luthéranisme.
Apologia Confessionis Augustanae
10Luthérienne
Petit Catéchisme de Luther
1529
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le catéchisme familial luthérien
Écrit pour les « simples pasteurs et chefs de famille ». Cinq parties : Décalogue, Credo, Notre Père, baptême, Cène. Limpide et accessible. Luther disait s'en nourrir lui-même chaque jour. Standard luthérien depuis cinq siècles.
Kleiner Katechismus (1529)
11Luthérienne
Grand Catéchisme
1529
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l'exposition développée à l'usage des pasteurs
Compagnon du Petit Catéchisme, plus volumineux. Forme un commentaire ample des cinq parties. Témoigne de la profondeur pastorale et théologique de Luther. Reçu comme document confessionnel.
Großer Katechismus (1529)
12Luthérienne
Articles de Smalkalde
1537
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articles plus polémiques anti-papauté
Rédigés par Luther en vue d'un concile général. Plus tranchants que l'Augustana. Joints au Traité du pouvoir et de la primauté du pape de Mélanchthon. Repris dans le Livre de Concorde.
Schmalkaldische Artikel (1537)
13Luthérienne
Formule de Concorde
1577
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résolution des querelles internes du luthéranisme
Synthèse arbitrant les disputes post-Luther (sur la justification, le libre arbitre, la Cène, la christologie). Œuvre de Andreae, Chemnitz et Selnecker. Dernier texte confessionnel luthérien, intégré au Livre de Concorde (1580).
Formula Concordiae (1577)
14Luthérienne
Livre de Concorde
1580 — Konkordienbuch
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le recueil confessionnel luthérien officiel
Compile les 3 symboles anciens (Apôtres, Nicée-Constantinople, Athanasien), la Confession d'Augsbourg, son Apologie, les Articles de Smalkalde, les deux Catéchismes de Luther, la Formule de Concorde. Standard du luthéranisme depuis 1580.
Liber Concordiae (1580)
15Luthérienne
Articulus stantis…
l'article cardinal
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la justification, articulus stantis et cadentis ecclesiae
« L'article par lequel l'Église tient ou tombe ». Formule typique du luthéranisme pour désigner la doctrine de la justification par la foi seule (Augustana IV ; Apologie IV). Centre théologique de la confession.
Augustana IV ; Apologie IV
16Réformée
Confession helvétique I
1536 — Bâle
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premier texte commun aux cantons suisses réformés
Rédigée par Bullinger, Myconius, Grynaeus, Léon Jud. Cherche le rapprochement avec les luthériens. Plus brève et conciliante que la suivante. Texte préparatoire à un véritable consensus suisse réformé.
Confessio Helvetica Prior (1536)
17Réformée
Confession helvétique II
1566 — Bullinger
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le texte de référence du protestantisme réformé international
Œuvre principale de Bullinger, successeur de Zwingli à Zurich. Très ample (30 chapitres). Reçue dans toute l'Europe réformée (Suisse, France, Hongrie, Pologne, Pays-Bas, Écosse). Son chapitre II définit la réception protestante des conciles.
Confessio Helvetica Posterior (1566)
18Réformée
Confession gallicane
1559 — Paris
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la confession des Églises réformées de France
Adoptée au premier synode national des Églises réformées de France (Paris, 1559), inspirée d'un projet de Calvin. 40 articles. Aussi appelée Confession de La Rochelle (révision de 1571). Texte fondateur du protestantisme français.
Confessio Gallicana (1559/1571)
19Réformée
Confession belge
1561 — Guy de Brès
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la confession des Pays-Bas réformés
Rédigée par Guy de Brès dans le contexte des persécutions espagnoles (il est martyr en 1567). 37 articles. Adoptée par les synodes néerlandais. Pilier des « Trois Formes d'Unité » du calvinisme continental.
Confessio Belgica (1561)
20Réformée
Catéchisme de Heidelberg
1563
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le catéchisme réformé le plus diffusé
Commandé par l'électeur palatin Frédéric III, rédigé par Ursinus et Olévianus. 129 questions, divisées en trois parties : misère, délivrance, reconnaissance. 1re question : « Quel est ton seul réconfort dans la vie et dans la mort ? »
Heidelberger Katechismus (1563)
21Réformée
Canons de Dordrecht
1619 — TULIP
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les « cinq points » du calvinisme
Dépravation totale, élection inconditionnelle, expiation limitée, grâce irrésistible, persévérance des saints. Réponse aux 5 articles des Remontrants arminiens. Avec Heidelberg et la Belgica, forment les « Trois Formes d'Unité ».
Canones Synodi Dordracenae (1619)
22Réformée
Confession de Westminster
1647 — Londres
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le standard du calvinisme presbytérien anglophone
Produite par l'Assemblée de Westminster (1643-1649). 33 chapitres. Accompagnée du Grand et du Petit Catéchismes. Texte de référence des Églises presbytériennes (Écosse, Amérique). Sommet de la théologie réformée scolastique.
Westminster Confession of Faith (1647)
23Réformée
Scots Confession
1560 — John Knox
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la confession fondatrice de la Kirk d'Écosse
Rédigée par John Knox et cinq autres en quatre jours. Adoptée par le parlement écossais (1560). Texte fondateur du presbytérianisme écossais. Plus tard remplacée par Westminster (1647) comme standard officiel.
Scots Confession (1560)
24Réformée
Catéchisme de Genève
1542 — Calvin
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le catéchisme calvinien pour les enfants de Genève
Rédigé par Calvin pour la catéchèse de la cité (1re éd. 1537, refonte définitive 1542). Forme dialoguée maître-élève. Structure : foi, Loi, prière, sacrements. Modèle des catéchismes calviniens ultérieurs.
Catéchisme de Genève (1542)
25Anglicane
Trente-Neuf Articles
1571 — Cranmer / Parker
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la confession officielle de l'Église d'Angleterre
Évolution depuis les 42 Articles de Cranmer (1553) ; forme définitive sous Élisabeth Ire (1571). 39 articles brefs. Via media entre Rome et Genève : doctrine de la justification proche du luthéranisme ; sacrements et ministères modérément réformés.
Thirty-Nine Articles (1571)
26Anglicane
Book of Common Prayer
1549 / 1552 / 1662
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le livre liturgique anglican à valeur confessionnelle
Œuvre de Cranmer. Pour l'anglicanisme, la « lex orandi » fait office de « lex credendi » : la liturgie elle-même est confession de foi. L'édition de 1662 reste référence dans la Communion anglicane.
BCP 1662 (référence canonique)
27Anglicane
Via media
voie médiane anglicane
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une voie entre catholicisme et protestantisme
Expression caractérisant la position anglicane : ni catholique romaine ni purement protestante. Maintient l'épiscopat et la liturgie ancienne, tout en recevant le principe scripturaire et la justification par la foi. Tradition popularisée par le Mouvement d'Oxford (XIXe s.).
Tradition anglicane
28Anabaptiste
Confession de Schleitheim
1527 — Michael Sattler
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le premier credo anabaptiste
Sept articles signés à Schleitheim (Suisse). Définit l'anabaptisme « frères suisses » : baptême des croyants, discipline ecclésiale, séparation du monde, refus du serment, refus de l'épée. Sattler est martyrisé en 1527.
Schleitheimer Bekenntnis (1527)
29Anabaptiste
Confession de Dordrecht
1632 — mennonite
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la grande confession mennonite
Adoptée par les mennonites néerlandais (Dordrecht 1632). 18 articles. Texte de référence mennonite ; reçue aussi par les amish. À ne pas confondre avec les Canons de Dordrecht réformés (1619), texte distinct du même lieu.
Confession mennonite (1632)
30Baptiste
Confession de Londres
1689 — baptistes
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la « Westminster baptiste »
Seconde Confession baptiste de Londres. Reprend largement la structure et le contenu de Westminster (1647), mais y ajoute le baptême des croyants par immersion et l'ecclésiologie congrégationaliste. Texte fondateur des baptistes calvinistes.
Second London Baptist Confession (1689)
31Méthodiste
Articles of Religion
1784 — John Wesley
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les 25 articles wesleyens pour l'Amérique
John Wesley adapte les 39 Articles anglicans pour les méthodistes nord-américains (réduction à 25 articles, retrait notamment de l'article sur la prédestination). Standard doctrinal des Églises méthodistes mondiales.
25 Articles of Religion (1784)
32Méthodiste
Notes de Wesley
notes & sermons-standards
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les bases doctrinales méthodistes
Outre les 25 Articles, les Standard Sermons de Wesley et ses Explanatory Notes on the New Testament servent de norme doctrinale dans la tradition méthodiste. Trait propre : pas une confession unique fermée mais un corpus.
Wesleyan Quadrilateral
33Contemporaine
Déclaration de Barmen
1934 — Karl Barth
Cliquer pour révéler
le manifeste de l'Église confessante allemande
Rédigée principalement par Karl Barth contre les « Chrétiens allemands » pronazis. Six thèses. La première : « Jésus-Christ est l'unique Parole de Dieu que nous avons à écouter. » Confession contemporaine intégrée dans nombre d'Églises réformées.
Barmer Erklärung (1934)
34Contemporaine
Concorde de Leuenberg
1973
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communion d'Église entre luthériens et réformés européens
Texte adopté près de Bâle. Surmonte les condamnations mutuelles luthériens/réformés du XVIe s. (notamment sur la Cène). Fonde la Communion des Églises protestantes en Europe (CEPE/GEKE) : plus de 90 Églises en pleine communion.
Leuenberger Konkordie (1973)
35Contemporaine
Confession de Belhar
1986 — Afrique du Sud
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la confession réformée contre l'apartheid
Adoptée par l'Église réformée hollandaise « missionnaire » en 1986. Statut confessionnel : la justice et la réconciliation appartiennent à l'essence de l'Évangile. Rejet de la séparation raciale comme hérésie (status confessionis). Reçue dans plusieurs Églises réformées mondiales.
Belhar Confession (1986)
36Contemporaine
Déclaration commune sur la justification
Augsbourg, 1999
Cliquer pour révéler
consensus catholique-luthérien sur l'articulus stantis
Signée à Augsbourg le 31 octobre 1999 (date symbolique des 95 Thèses) entre la Fédération luthérienne mondiale et le Vatican. Constate un « consensus différencié ». Ralliée ensuite par méthodistes (2006), réformés (2017) et anglicans.
Déclaration commune (1999)
37Contemporaine
Confession of 1967
PCUSA
Cliquer pour révéler
la confession américaine de la réconciliation
Adoptée par l'Église presbytérienne unie aux États-Unis. Centrée sur la réconciliation (2 Co 5,18-21). Réponse aux questions sociales et raciales du XXe siècle. Intégrée au Book of Confessions de la PCUSA.
Confession of 1967 (PCUSA)
38Contemporaine
A Brief Statement of Faith
1991 — PCUSA
Cliquer pour révéler
une confession inclusive contemporaine
Brève confession en langage contemporain, intégrant explicitement Marie comme première témoin et le langage inclusif. Témoigne de l'effort des Églises pour confesser dans un langage et un contexte renouvelés sans rompre avec la tradition.
Brief Statement of Faith (1991)
39Contemporaine
Accra Confession
2004 — WCRC
Cliquer pour révéler
confession réformée sur la justice économique et écologique
Adoptée par l'Alliance réformée mondiale (devenue Communion mondiale d'Églises réformées, WCRC) à Accra (Ghana). Status confessionis face au néolibéralisme et à la destruction de la création. Texte représentatif du « confesser » contemporain Sud-Nord.
Accra Confession (2004)
40Concept
Status confessionis
« situation confessante »
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moment où confesser engage l'identité même de l'Église
Catégorie luthérienne (Articles de Smalkalde) reprise dans le confessionnalisme moderne : certaines situations historiques exigent une confession publique sans laquelle l'Église se renierait elle-même. Appliquée à Barmen (1934), Belhar (1986), Accra (2004).
Barmen ; Belhar ; Accra
📖 Quiz 1 — Symboles anciens et confessions luthériennes
10 questions sur les credos communs et le Livre de Concorde.
Question 1 sur 10
Question 1 / 10
Quels sont les symboles œcuméniques anciens (pré-confessionnels) ?
Les symboles antiques (Apôtres, Nicée-Constantinople 381, Athanasien, Chalcédoine 451) sont pré-protestants et communs à toutes les grandes traditions. À distinguer des confessions dénominationnelles issues de la Réforme.
Question 2 / 10
Que signifie pour les protestants la formule norma normata ?
L'Écriture est norma normans (norme normative), la confession norma normata (normée par l'Écriture). Elle a autorité dérivée et reste révisable à la lumière de l'Écriture.
Question 3 / 10
Qui a rédigé la Confession d'Augsbourg (1530) ?
Mélanchthon, dans un esprit conciliant cherchant à montrer la continuité avec l'Église ancienne. Présentée à Charles Quint le 25 juin 1530 à la diète d'Augsbourg.
Question 4 / 10
Combien de textes le Livre de Concorde (1580) rassemble-t-il ?
Le Livre de Concorde (Konkordienbuch, 1580) est le recueil confessionnel luthérien officiel rassemblant ces neuf textes normatifs.
Question 5 / 10
Quel symbole ancien est inconnu de l'Orient et propre au christianisme latin ?
Le Symbole athanasien est d'origine latine (Ve-VIe s., probablement Sud de la Gaule). Reçu en Occident (catholiques, luthériens, anglicans, réformés), inconnu de l'Orient.
Question 6 / 10
Que désigne l'articulus stantis et cadentis ecclesiae ?
« L'article par lequel l'Église tient ou tombe » est, dans le luthéranisme, la justification par la foi seule (Augustana IV ; Apologie IV).
Question 7 / 10
Quelle est la première question du Catéchisme de Heidelberg (1563) ?
Réponse : « C'est que j'appartiens, corps et âme, dans la vie et dans la mort, à mon fidèle Sauveur Jésus-Christ. » Question d'ouverture la plus célèbre de la catéchèse réformée.
Question 8 / 10
À quelle date et où Luther publie-t-il ses deux Catéchismes ?
Le Petit et le Grand Catéchisme paraissent en 1529 à Wittenberg, suite aux visites pastorales qui ont révélé une grande ignorance religieuse. Luther disait s'en nourrir lui-même chaque jour.
Question 9 / 10
Quelles sont les cinq parties du Petit Catéchisme de Luther ?
Cinq parties classiques : la Loi (Décalogue), la foi (Credo), la prière (Notre Père), les deux sacrements (baptême, Cène). Structure pédagogique limpide reprise par de nombreux catéchismes ultérieurs.
Question 10 / 10
À quoi sert la Formule de Concorde (1577) ?
La Formule de Concorde arbitre les disputes intra-luthériennes (justification, libre arbitre, Cène, christologie). Œuvre d'Andreae, Chemnitz et Selnecker. Dernier texte confessionnel luthérien, intégré au Livre de Concorde (1580).
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⚙ Quiz 2 — Confessions réformées
8 questions sur les grands textes calvinistes (Helvetique, Heidelberg, Westminster…).
Question 1 sur 8
Question 1 / 8
Qui a rédigé la Seconde Confession helvétique (1566) ?
Bullinger, successeur de Zwingli à Zurich. Très ample (30 chapitres), elle est reçue dans toute l'Europe réformée. C'est le texte de référence du protestantisme réformé international.
Question 2 / 8
Que signifie le sigle TULIP ?
TULIP résume mnémotechniquement les cinq points du calvinisme définis aux Canons de Dordrecht (1619) contre les Remontrants arminiens.
Question 3 / 8
Quelles confessions forment les « Trois Formes d'Unité » du calvinisme continental ?
Heidelberg (1563), Belgica (1561) et Canons de Dordrecht (1619) forment le socle confessionnel des Églises réformées continentales (néerlandaises notamment).
Question 4 / 8
Qui a rédigé la Confession belge (1561) ?
Guy de Brès, pasteur réformé wallon, rédige cette confession en 37 articles dans le contexte des persécutions espagnoles. Il sera lui-même martyr en 1567.
Question 5 / 8
Quelle confession est aussi appelée « Confession de La Rochelle » ?
La Confession gallicane, adoptée au premier synode national des Églises réformées de France (Paris 1559, inspirée de Calvin), est révisée en 1571 au synode de La Rochelle.
Question 6 / 8
Combien de chapitres compte la Confession de Westminster (1647) ?
33 chapitres, accompagnés du Grand et du Petit Catéchismes. Standard des Églises presbytériennes anglophones (Écosse, Amérique). Sommet de la théologie réformée scolastique.
Question 7 / 8
Quelle confession a été rédigée par John Knox et adoptée par le parlement écossais ?
Rédigée par Knox et cinq autres en quatre jours, adoptée par le parlement écossais en 1560. Texte fondateur du presbytérianisme écossais, plus tard remplacé par Westminster (1647).
Question 8 / 8
Quelle est la structure pédagogique en trois parties du Catéchisme de Heidelberg ?
Les 129 questions sont organisées en trois parties : 1) la misère de l'homme (péché), 2) sa délivrance (Christ), 3) sa reconnaissance (vie chrétienne). Structure pédagogique très diffusée.
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📜 Quiz 3 — Anglicane, radicales et contemporaines
8 questions des 39 Articles à Barmen, Belhar et Accra.
Question 1 sur 8
Question 1 / 8
Combien d'articles compte la confession officielle de l'Église d'Angleterre (1571) ?
Les Trente-Neuf Articles (1571), évolution des 42 Articles de Cranmer (1553). Forme définitive sous Élisabeth Ire. Via media entre Rome et Genève.
Question 2 / 8
Que désigne la via media anglicane ?
L'anglicanisme se conçoit comme ni catholique romaine ni purement protestante : maintien de l'épiscopat et de la liturgie ancienne, principe scripturaire et justification par la foi. Popularisé par le Mouvement d'Oxford au XIXe s.
Question 3 / 8
Quel est le premier credo anabaptiste ?
Schleitheim (1527), rédigée par Michael Sattler (martyr la même année) : sept articles définissant l'anabaptisme suisse : baptême des croyants, discipline, séparation, refus du serment et de l'épée.
Question 4 / 8
Quelle confession baptiste de 1689 reprend largement Westminster ?
La Confession de Londres de 1689 est la « Westminster baptiste » : elle reprend largement Westminster en y ajoutant le baptême des croyants par immersion et l'ecclésiologie congrégationaliste.
Question 5 / 8
Que constitue la Déclaration de Barmen (1934) ?
Rédigée principalement par Karl Barth, Barmen affirme : « Jésus-Christ est l'unique Parole de Dieu que nous avons à écouter. » Confession contemporaine intégrée dans nombre d'Églises réformées.
Question 6 / 8
Que constate la Concorde de Leuenberg (1973) ?
Adoptée près de Bâle, Leuenberg surmonte les condamnations mutuelles luthériens/réformés du XVIe s. (notamment sur la Cène) et fonde la Communion des Églises protestantes en Europe (CEPE/GEKE).
Question 7 / 8
Contre quoi a été rédigée la Confession de Belhar (1986) ?
Adoptée par l'Église réformée hollandaise « missionnaire ». Status confessionis : la justice et la réconciliation appartiennent à l'essence de l'Évangile. Rejet de la séparation raciale comme hérésie.
Question 8 / 8
Qu'est-ce qu'une situation de status confessionis ?
Catégorie luthérienne (Articles de Smalkalde) reprise dans le confessionnalisme contemporain. Appliquée à Barmen (1934, contre le nazisme), Belhar (1986, contre l'apartheid), Accra (2004, contre l'injustice économique et écologique).
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Hypothèses de travail — mémoire et thèse
Sept pistes formulées de manière falsifiable. Les textes confessionnels ont l’avantage rare d’être entièrement édités, datés et de taille finie : ils se prêtent aux méthodes sérielles et stylométriques mieux que presque aucun autre corpus théologique.
H1. Quia ou quatenus : la formule de souscription comme objet
Doctorat
Droit ecclésial / histoire des doctrines
4-5 ans
Hypothèse. La distinction entre souscrire une confession «parce que» elle est conforme à l’Écriture et «dans la mesure où» elle l’est n’apparaît pas au XVIe siècle mais se forme au XVIIIe dans le contexte du piétisme et des Lumières ; sa rétroprojection sur les textes de la Réforme est une construction de la controverse confessionnelle du XIXe siècle.
État de la question
L’opposition est un lieu commun de la théologie luthérienne américaine et scandinave, et elle structure les identités de plusieurs dénominations. Sa généalogie n’a pas été établie : nul n’a daté la première occurrence attestée ni suivi sa diffusion.
Corpus
Formules d’ordination et de souscription des Églises territoriales luthériennes et réformées, XVIe-XIXe siècles ; Formula Consensus Helvetica (1675) et les controverses sur son abandon ; constitutions des synodes américains du XIXe siècle ; débats de la Preussische Union (1817) ; littérature du néo-luthéranisme.
Méthode
Relever les formules effectivement employées dans les actes d’ordination et les constitutions synodales, en repérant la première apparition des deux adverbes et leur diffusion. Latin, allemand, anglais ; sources largement éditées.
Ce qui la réfuterait : L’attestation d’une opposition explicitement formulée dans les textes du XVIe siècle, qui ruinerait l’hypothèse de la construction tardive.
H2. Pourquoi les confessions cessent-elles d’être écrites après 1650 ?
Master
Histoire des doctrines
12-18 mois
Hypothèse. La production de confessions de foi s’interrompt presque entièrement entre 1650 et 1900, et cette interruption ne s’explique pas par l’épuisement doctrinal mais par un changement de fonction : les Églises passent d’un régime où la confession définit une frontière territoriale à un régime où elle n’a plus d’interlocuteur à qui s’opposer.
État de la question
La chronologie est connue et jamais expliquée ; les manuels la constatent. L’hypothèse fonctionnelle est formulable et testable par la comparaison des contextes de rédaction.
Corpus
Recueils de confessions — Müller, Die Bekenntnisschriften der reformierten Kirche ; Schaff, Creeds of Christendom ; Bekenntnisschriften der evangelisch-lutherischen Kirche ; confessions du XXe siècle : Barmen (1934), Belhar (1986), Accra (2004).
Méthode
Établir la série chronologique complète des textes confessionnels de 1520 à aujourd’hui, coder pour chacun le contexte de rédaction — conflit interne, conflit externe, demande politique, situation de crise —, et analyser la distribution. Latin, allemand, français, anglais.
Ce qui la réfuterait : Une production confessionnelle continue durant la période supposée creuse, ou une absence de corrélation entre contexte conflictuel et rédaction.
H3. L’auteur du Catéchisme de Heidelberg
Master
Histoire de la Réforme
12-18 mois
Hypothèse. L’attribution conjointe à Zacharias Ursinus et Caspar Olevianus, reçue depuis le XVIIe siècle, surestime le rôle d’Olevianus : l’analyse stylistique et la comparaison avec les catéchismes préparatoires d’Ursinus indiquent une rédaction essentiellement ursinienne, revue par une commission.
État de la question
La contestation du rôle d’Olevianus remonte à Gooszen (1890) et a été reprise par Wilhelm Neuser et Lyle Bierma. Le dossier est ouvert et se prête à une vérification textuelle sur un corpus restreint et entièrement édité.
Corpus
Catechismus Heidelbergensis (1563) et ses trois éditions allemandes de la même année ; Catechesis minor et Summa theologiae d’Ursinus ; correspondance de Frédéric III ; œuvres d’Olevianus ; actes du synode palatin.
Méthode
Analyse comparative du lexique, de la syntaxe et de la structure argumentative entre le catéchisme et les écrits certains de chacun des deux auteurs. Allemand et latin ; méthodes stylométriques applicables.
Ce qui la réfuterait : La mise en évidence de traits olevianiens caractéristiques dans les parties les plus originales du catéchisme.
H4. La Variata de 1540 : une révision et ses usages
Doctorat
Histoire des doctrines
4-5 ans
Hypothèse. La version révisée de la Confession d’Augsbourg publiée par Mélanchthon en 1540, notamment son article X sur la Cène, a joué dans les négociations politiques du XVIe et du XVIIe siècle un rôle bien supérieur à celui que lui reconnaît l’historiographie confessionnelle : c’est elle qui a permis aux réformés d’être couverts par la paix d’Augsbourg puis reconnus à Westphalie.
État de la question
L’existence de la Variata et son rejet par la Formule de Concorde sont connus. Son usage juridique et diplomatique est mentionné ponctuellement sans avoir été instruit, alors qu’il éclaire directement la manière dont un texte confessionnel devient un instrument de droit public.
Corpus
Confessio Augustana Invariata (1530) et Variata (1540) ; actes de la diète d’Augsbourg (1555) ; négociations de Westphalie (1645-1648) ; correspondance des juristes du Palatinat ; Formule de Concorde, préface.
Méthode
Suivre les mentions et les usages de la Variata dans les actes diplomatiques et les consultations juridiques, et établir sa fonction dans chaque négociation. Latin et allemand ; archives et sources éditées.
Ce qui la réfuterait : Un recours marginal ou absent à la Variata dans les négociations, l’extension aux réformés reposant sur d’autres fondements juridiques.
H5. Écrire une confession aujourd’hui : Belhar, Accra et les autres
Master
Théologie contemporaine
12-18 mois
Hypothèse. Les confessions rédigées hors d’Europe depuis 1950 se distinguent structurellement des confessions classiques : elles sont formulées contre une situation sociale plutôt que contre une erreur doctrinale, et leur structure argumentative emprunte davantage à Barmen qu’aux textes du XVIe siècle.
État de la question
Les textes sont connus individuellement — la Confession de Belhar (1986) contre l’apartheid, la Confession d’Accra (2004) sur l’économie, la confession de l’Église batak (1951). Leur comparaison structurelle avec les modèles classiques n’a pas été faite.
Corpus
Confession de Belhar (1986) ; Confession d’Accra (2004) ; Konfesi HKBP (1951) ; Confession de 1967 de l’Église presbytérienne américaine ; Déclaration de Barmen (1934) comme terme de comparaison ; confessions du XVIe siècle.
Méthode
Décomposer chaque texte en unités fonctionnelles — affirmation, rejet, destinataire, adversaire visé, référence scripturaire — et comparer les profils. Anglais, afrikaans, allemand ; textes disponibles en traduction.
Ce qui la réfuterait : Une structure argumentative conforme aux modèles du XVIe siècle, ou l’absence d’emprunt repérable à Barmen.
H6. Le statut canonique de Barmen dans les constitutions ecclésiales
Master
Droit ecclésial
12-18 mois
Hypothèse. La déclaration de Barmen occupe dans les constitutions des Églises allemandes et de leurs partenaires un statut juridique très variable — de norme confessionnelle contraignante à simple référence historique — et cette variation recoupe non pas la sensibilité théologique mais l’histoire de chaque Église pendant le Kirchenkampf.
État de la question
Le statut confessionnel de Barmen est discuté en théologie. Son inscription effective dans les textes constitutionnels n’a pas été relevée comparativement, alors que ces textes sont publics.
Corpus
Constitutions des Églises régionales allemandes (Landeskirchen) et de l’EKD ; constitutions des Églises réformées et unies ayant reçu Barmen ; actes des synodes d’adoption ; travaux sur le Kirchenkampf région par région.
Méthode
Relever le statut attribué à Barmen dans chaque constitution, coder son degré de contrainte, et croiser avec la position de l’Église concernée entre 1933 et 1945. Allemand indispensable ; corpus juridique accessible.
Ce qui la réfuterait : Une distribution des statuts corrélée aux sensibilités théologiques actuelles plutôt qu’aux positions historiques.
H7. Traduire une confession : les effets doctrinaux du passage en langue vernaculaire
Doctorat
Traductologie / histoire des doctrines
4-5 ans
Hypothèse. Les traductions des confessions du XVIe siècle dans les langues des Églises non européennes introduisent des déplacements doctrinaux systématiques sur un petit nombre de termes — grâce, justice, foi, alliance — dont l’équivalent local porte des connotations absentes de l’original, et ces déplacements sont repérables et catalogables.
État de la question
Le problème est signalé par les missiologues et par les traducteurs eux-mêmes ; il n’a pas fait l’objet d’un relevé systématique. Le sujet prolonge directement la question du nom de Dieu traitée au module sur les missions.
Corpus
Traductions de la Confession d’Augsbourg, du Catéchisme de Heidelberg et des Trente-neuf Articles en langues africaines et asiatiques ; glossaires et notes des traducteurs ; correspondances des sociétés missionnaires ; dictionnaires bilingues contemporains des traductions.
Méthode
Choisir deux ou trois langues et un corpus de termes, établir les équivalents retenus et leurs champs sémantiques, puis mesurer l’écart avec l’original. Langue locale indispensable ; travail à conduire en coopération avec des théologiens des Églises concernées.
Ce qui la réfuterait : Une stabilité des équivalents et une absence d’écart sémantique mesurable sur les termes retenus.
Quiz — Bekenntnisschriften
Quel document rassemble l'ensemble des confessions luthériennes depuis 1580 ?
Les 39 Articles
Le Konkordienbuch (Livre de Concorde, 1580)
La Confessio Helvetica Posterior
Le Catéchisme de Heidelberg
Réf. : Kolb-Wengert, Book of Concord (Fortress, 2000)
Qui a rédigé la Confession d'Augsbourg (1530) et pourquoi pas Luther ?
Luther lui-même, qui était présent à Augsbourg sous pseudonyme
Calvin, à la demande de Melanchthon
Philip Melanchthon — Luther était géographiquement exclu de la Diète car banni de l'Empire depuis Worms (1521)
Bucer, qui représentait les villes d'Empire
Réf. : BSLK ; Kolb-Wengert, 27-35
Quelle est la première question du Catéchisme de Heidelberg (1563) ?
Qu'est-ce que la foi chrétienne ?
Qui est Jésus-Christ ?
Quel est ton unique consolation dans la vie et dans la mort ?
Comment peut-on être sauvé ?
Réf. : HC Q/R 1 (1563)
Les «Drei Formulieren van Enigheid» (Trois Formes d'Unité) des Églises réformées néerlandaises sont :
Augsbourg + Westminster + Barmen
Heidelberg + Westminster + 39 Articles
Confessio Belgica (1561) + Catéchisme de Heidelberg (1563) + Canons de Dordrecht (1619)
Helvétique Postérieure + La Rochelle + Westminster
Quelle est la thèse centrale de Barmen (1934) ?
L'Église doit soutenir l'État national chrétien
Jésus-Christ tel qu'attesté dans la Sainte Écriture est l'unique Parole de Dieu — on rejette toute autre «révélation» dans le Volk, la race ou le Führer
Les confessions historiques doivent être révisées à la lumière de la modernité
L'Église et l'État doivent coopérer pour la justice sociale